Patchs oculaires paresseux «pas nécessaire toute la journée»

Les enfants avec un œil paresseux (amblyopie) n’ont pas besoin de porter un cache-œil toute la journée pour améliorer leur vision, a rapporté la BBC. Le rapport de nouvelles a indiqué qu’il y avait une variation énorme dans le traitement de l’oeil paresseux, ce qui implique de porter un patch sur le bon œil pour forcer l’œil paresseux pour compenser, et donc améliorer. Le rapport était basé sur une étude qui a montré que porter un patch pendant 3 à 6 heures était aussi efficace que de le porter pendant 6 à 12 heures.

Cette étude était un essai contrôlé randomisé de bonne qualité. Il montre que les enfants qui se font dire de porter un cache-œil pendant 6 heures auront des avantages similaires à ceux des enfants à qui l’on dit d’en porter une toute la journée. Cependant, les enfants à qui l’on dit de porter un patch toute la journée ne le portent réellement que pendant environ la moitié de cette période.

Cette étude montre qu’il est probablement impossible dans la plupart des cas d’obliger les enfants à porter un bandeau oculaire toute la journée, et que prescrire 6 heures par jour ne nuit pas à la vision et est plus susceptible d’être acceptable pour l’enfant.

D’où vient l’histoire?

Le docteur Merrick Moseley et ses collègues de la City University de Londres et de l’Université McGill de Montréal ont effectué cette recherche. L’étude a été financée par Fight for Sight, Royaume-Uni. L’étude a été publiée dans le British Medical Journal révisé par des pairs.

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Il s’agissait d’un essai contrôlé randomisé sans insu et d’une partie du traitement par occlusion randomisée de l’étude de l’amblyopie (ROTAS).

Les chercheurs ont recruté des enfants âgés de 3 à 8 ans atteints d’amblyopie (œil paresseux) et ayant une vision nettement plus mauvaise d’un œil que de l’autre. Les enfants ont subi un examen complet des yeux et des lunettes ont été données aux enfants qui en avaient besoin. Les enfants portant des lunettes et ceux qui portaient déjà des lunettes avant l’examen de la vue, mais qui les portaient depuis moins de 18 semaines, ont ensuite été invités à les porter pendant une période de 18 semaines.

Les 90 enfants qui avaient encore l’œil paresseux après 18 semaines de port de lunettes, et ceux qui n’avaient pas besoin de lunettes, ont ensuite été assignés au hasard à l’un des deux groupes. Un groupe a été invité à porter un bandeau sur l’œil non paresseux pendant 6 heures par jour et l’autre pendant 12 heures par jour. Pour mesurer la durée de port des patchs, des dispositifs de surveillance électronique ont été placés dans chaque patch.

Les chercheurs ont testé les yeux des enfants toutes les deux semaines et les enfants ont continué à porter le timbre jusqu’à ce que leur vue cesse de s’améliorer. Les chercheurs ont ensuite comparé les améliorations de la vue entre les deux groupes.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Il a été constaté que les enfants devaient porter le patch pendant neuf semaines en moyenne, pour obtenir les meilleurs résultats. Les deux groupes ont montré des améliorations similaires de la vision dans l’œil paresseux.

En moyenne, les enfants du groupe de 6 heures ne portaient que le patch pendant environ 4 heures, et les enfants du groupe de 12 heures le portaient pendant 6 heures. Une analyse plus poussée des résultats a montré que les enfants qui portaient le timbre pendant moins de trois heures par jour avaient moins d’amélioration de la vision que ceux qui le portaient plus longtemps.

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Les chercheurs ont conclu que prescrire une correction oculaire pendant 6 heures par jour a un effet similaire sur la vision de prescrire 12 heures par jour chez les enfants ayant un œil paresseux, et que porter un timbre pendant 12 heures est «presque certainement excessif». Ils ont également constaté que les enfants portent leurs patchs pour beaucoup moins de temps que ce qui leur avait été prescrit.

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

Cette étude était bien conçue et devrait donc fournir des résultats fiables.

La mesure objective de la durée pendant laquelle les enfants porteront un bandeau sur les yeux montre qu’ils ne le portent pas beaucoup plus longtemps si on leur dit de le porter toute la journée que s’il leur est demandé de le porter seulement 6 heures par jour. Il est important de noter que dans les deux groupes, les enfants n’ont pas atteint la durée prescrite de port d’un bandeau oculaire. Ceci suggère que pour que les enfants puissent porter un bandeau oculaire, ce qui nécessite apparemment au moins 3 heures par jour, les enfants devront tout de même se faire prescrire au moins 6 heures de port quotidien.

Les résultats de l’analyse de la durée réelle de port du cache-œil, telle que mesurée par le dispositif de surveillance, qui suggère qu’un minimum d’usure quotidienne de trois heures est nécessaire pour obtenir un bénéfice, doivent être interprétés avec prudence. La durée réelle de l’usure n’a pas été attribuée au hasard, mais a été déterminée par les enfants eux-mêmes. Cela signifie que des facteurs inconnus pourraient avoir influencé les résultats.

Trop peu d’enfants dans cette étude ont respecté la dose prescrite de 12 heures (seulement 7 enfants sur 40 étaient conformes à 90%) pour tirer des conclusions définitives quant à son bénéfice potentiel, ou son absence, par rapport à une usure plus courte. Par conséquent, les conclusions des auteurs selon lesquelles «patcher pour toutes les heures de veille est presque certainement excessive» est probablement prématurée. Cependant, ce que cette étude a montré, c’est qu’il n’est pas possible d’amener les enfants à porter un bandeau oculaire pendant longtemps, et que prescrire 6 heures par jour ne nuit pas à la vision et est plus susceptible d’être acceptable pour l’enfant.

Sir Muir Grey ajoute …

Chaque patient est unique et le traitement doit donc être adapté aux besoins de chaque patient. Les patients ont besoin de plans de traitement sur mesure, pas de solutions standards. Un traitement sur mesure utilise souvent moins de ressources et est toujours plus acceptable, et contrairement au commerce de chiffons, il ne coûte pas plus cher que le prêt-à-porter. En fait, comme le montre cette étude, cela peut coûter moins cher.